Publié le 11 Mars 2014

Mifune Toshiro, Sanchuan Minlang en chinois, né le 1er Avril 1920 à Tsingtao (ou Quingdao) en Chine, meurt le 24 Décembre 1997 à Mitaka près de Tokyo alors âgé de 77 ans.

Il vécut en Chine jusqu'à ses 19 ans lorsqu'il est enrôlé dans la Force Aérienne Impériale Japonaise où il travaille comme photographe durant la seconde guerre mondiale.C'est ainsi qu'il pose pour la première fois le pied sur le sol Japonais.

Certainement l'un des acteurs nippon les plus célèbres de son époque ainsi que dans le monde occidental où il est largement connu, il a collaboré dans de nombreux films avec le non-moins célèbre réalisateur Akira Kurosawa.

Il joue souvent des rôles de samouraïs ou de rônins, parfois grossiers et bourrus mais avec finesse et sensibilité et comme il le dit lui-même:

Je ne suis pas toujours bon dans les films, mais je suis toujours fidèle à l’esprit japonais

Un acteur d'une grande sensibilité.

Un acteur d'une grande sensibilité.


Mifune a un talent d'une sorte que je n'avais jamais rencontrée jusqu'alors dans le cinéma japonais. C'était par dessus tout la rapidité de son jeu qui était surprenante. L'acteur japonais ordinaire, pour traduire une impression a besoin de trois mètres de film; pour Mifune, un mètre suffisait. Il lançait tout d'une manière très directe et expéditive. Je n'avais jamais vu, chez un acteur japonais, un tel sens du tempo, et cependant, avec toute sa vivacité, il avait également une grande finesse de sensibilité.
Je sais que j'ai l'air de le surestimer, mais ce sont les faits. S'il fallait à tout prix lui faire une critique, je dirais que sa voix est un peu rugueuse, et quand elle est enregistrée par un micro, elle a tendance à devenir difficile à comprendre. Je suis pourtant quelqu'un que les acteurs impressionnent rarement, mais dans le cas de Mifune, j'étais complètement subjugué.

Propos tenus par Kurosawa Akira.

En 1984 il est élu " le plus japonais des hommes" par le vote d'un magazine nippon.

Enfin, il maîtrisa l'art du sabre à haut niveau, il semblerait, sans grandes certitudes, qu'il obtint un 7e dan en Kendo et devint un membre éminent du Kôryû Takeda, école d'arts martiaux Japonais traditionnels. Concernant ces deux affirmations, les recherches possibles en la matière ne confirment pas toutes ces états de faits. Le mystère plane donc....

"Le plus japonais des hommes" :-)

"Le plus japonais des hommes" :-)

1. Ce que j'ai particulièrement apprécié chez Mifune:

Au delà d'un scénario souvent romancé, j'ai particulièrement aimé ses attitudes, il est plaisant à regarder, il utilise son corps de façon un peu différente du travail que proposent les nombreux maîtres que je suis, sa structure est intéressante, son travail sur l'axe m'inspire depuis, son intention est bien présente et relève de la bestialité et je trouve qu' il dégage un doux mélange de sauvagerie policée et d'animalité éduquée.

Le travail de l'intention m'intéresse depuis un certain temps déjà et Mifune est à ce sujet un exemple à mes yeux.

2. Intérêt et travail de l'intention:

Tout d'abord, précisons qu'intention et volonté sont deux choses différentes, car je peux avoir la volonté de terrasser mon adversaire aussi déterminée puis-je être, sans pour cela y arriver. C'est lorsque l'on a compris cette idée, qu'elle prend tout son sens.

J'avais dans un post précédent évoqué la difficulté d'être incisive sans que mon esprit se ferme. A l'époque je ne parlais pas encore d'intention. Mais depuis quelques temps, et ce grâce aux films d'Akira Kurosawa dans lesquels joue Toshiro Mifune, notamment la fameuse trilogie "Samuraï" revisitant la vie de Miyamoto Musashi, je ne peux faire l'impasse sur la question.

De plus ayant un petit gabarit, l'intérêt de travailler l'intention prend à mes yeux de plus en plus d'importance.

J'ai eu l'occasion d'étudier ce thème en cours récemment, et je peux dire maintenant qu'il existe deux formes d'intention. Celle de l'esprit et celle du corps. Les deux réunies donnent la possibilité de vaincre dans les meilleurs conditions. Au cours d'un exercice, j'ai donc pu constater l'intérêt d'un tel travail: celui de prendre l'ascendant sur son adversaire.

Par exemple si votre intention est forte et sincère, elle provoquera chez ce dernier (de façon consciente ou inconsciente) un arrêt psychologique et/ou Physique de celui-ci, qu'il vous sera alors profitable d'exploiter. Allié à cela, un "sens du tempo", un sens aigü de la gestion de la distance ainsi qu'un esprit et un cœur fort, feront de vous un sérieux adversaire.

Chérir en son cœur l'esprit du vainqueur...

Chérir en son cœur l'esprit du vainqueur...

3. Chérir en son cœur l'esprit du vainqueur:

Imaginez l'importance d'un tel travail à l'époque sur un champs de bataille, lorsque vous voyez fondre sur vous un adversaire déterminé, et que vous sentez son intention meurtrière directement dirigée vers vous. Cette perspective glace le sang, il est alors primordiale de maîtriser de telles notions:

  • Dégager une forte intention,
  • chérir en son esprit et son cœur "l'esprit du vainqueur",
  • développer une gestion intelligente du "tempo" avec d'éventuelles cassures de rythme,
  • développer une gestion intelligente de la distance avec d'éventuelles cassures.

De plus au cours de l'exercice, j'ai constaté qu'à chaque fois que, malgré une forte volonté, si mon cœur et mon esprit étaient en "défense", l'intention n'étant pas "bonne" j'étais systématiquement prise et coupée.

A l'inverse dès que mon cœur et mon esprit devenaient conquérants, attaquants, cela me procurait une bien meilleure intention. Il m'était alors possible de prendre l'ascendant.

Pour finir, j'ai trouvé ce travail vraiment passionnant et je pense à l'avenir regarder plus de films de Toshiro Mifune.

L'intention...

L'intention...

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Rédigé par Titema

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Publié le 4 Mars 2014

J'ai ré-ouvert hier Budoka No Kokoro et suis tombée par hasard sur l'une des dernières interviews que je n'avais pas encore lues, celle d'un homme hors du commun: Sasaki sensei. Je ne partage pas toutes ses idées mais décide de m'arrêter sur l'une d'entre elles.

Alors que depuis quelque temps j'essuie galères sur galères, ni plus ni moins qu'une autre personne, l'une des phrases de Sasaki sensei toute pleine d'enseignements fit écho à mon expérience actuelle.

J'avais eu l'occasion il y a des années déjà d'y réfléchir, lorsque j'ai découvert ce qui allait être l'un de mes mangas papier préféré, Lone Wolf and Cub.

A l'époque déjà je trouvais cette idée importante et riche d'enseignements. Je reviens donc dessus.

Ogami Itto et son fils Daigoro, en attendant la pluie.

Ogami Itto et son fils Daigoro, en attendant la pluie.

Un demi tapis le jour, un tapis la nuit. Diriger la nation, une poignée de riz.

Peu importe le nombre de gens que tu tues, de pays que tu voles, de fortunes que tu pilles, de titres que tu gagnes...Tu n'occupes qu'un demi-tapis quand tu es assis, un tapis entier quand tu dors et ton estomac ne peut contenir qu'une poignée de riz!

Lone Wolf and Cub volume 3: Le chemin blanc entre les fleuves.

Sasaki sensei et le Shintoisme:

Sasaki sensei est l'un des rares à avoir, comme le fondateur, lié la voie martiale à celle du Shinto.

Léo Tamaki, Budoka No Kokoro

Sasaki Masando sensei et la relève :-) .

Sasaki Masando sensei et la relève :-) .

Il n'est pas nécessaire d'accumuler des richesses, des biens matériels pour vivre, l'essentiel est dans le cœur et c'est ce que semble nous enseigner le Shinto.

Je décide donc de faire fi de tout cela, bien loin de l'accumulation de biens matériels et de toutes les désillusions et désagrément qu'elle procure, car je compte demeurer simplement libre.

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Rédigé par Titema

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