Publié le 29 Septembre 2014

Tout commençait bien, mon sac était prêt, la motivation bien présente et le boulot me permettait de partir un vendredi. Pourtant Air France, qui était en grève ce weekend- là, m'avait obligé à anticiper pendant près de 3 jours une éventuelle annulationCoup favorable du sort, mes deux avions étaient maintenus ;-) ! Incroyable je pars donc et retrouve à Orly un collègue pratiquant Nick Vantreese. Nous prenons donc le même avion et nous voilà partis pour l'aéroport de Toulouse Blagnac.

 

Air France: une qualité de service.

Malgré 2-3 annulations (environ 25 ce jour-là), notre avion à Nick et moi-même décollait! :-D

Départ de Paris Orly.

Départ de Paris Orly.

Pas un nuage donc et vu les nombreuses annulations, c'est en jubilant que je gagnais ma place à côté du hublot (merci Léo) malgré un rhume assez musclé, me surpenant  d'ailleurs à penser au professionnalisme dont fait preuve la compagnie, tout du moins celui de l'équipage. Après 1h de vol, c'est un atterrissage proche de la perfection que nous offrait le pilote. Sans heurts, je n'ai presque pas senti l'avion se poser. Musubi quoi!

Stade Toulousain en vu.

Stade Toulousain en vu.

A l'arrivée à Blagnac Simon Pujol nous propose à Léo, Shizuka, Nick et moi-même de visiter le village médiéval de Cordes. Magnifique! Je vous laisse profiter des photos.

A notre arrivée à Cordes...

A notre arrivée à Cordes...

Richesse et partage au stage à Albi chez Simon Pujol.
Le panorama.

Le panorama.

Richesse et partage au stage à Albi chez Simon Pujol.
Simon ;-).

Simon ;-).

Simon Pujol: un très bon organisateur.

En plus d'être un ami, un très bon pratiquant et bon organisateur, Simon Pujol est enseignant de Goshinkaï de la ville de Saint -Juery à proximité d'Albi.

Je tiens particulièrement à le féliciter pour son organisation, ses sourires et sa bonne humeur qui font de ses stages, une réussite, seconder par un "assistant bienveillant" Mr Sylvain Lançon. Je leur souhaite à tous deux d'aller très très loin.

 

Petit retour sur le stage:

Globalement nous avons beaucoup travaillé au sabre. Les principes qui sous-tendent la pratique au sabre sont les mêmes et peuvent être adaptés à la pratique à mains nues. Ainsi, intention, absorption, couvrir la distance, qualité de prise de contact, efficacité, "timing" etc etc, ont été au coeur de la pratique.

Pour cela nous avons travaillé le 1er kihon de Léo, Maki otoshi.

« Maki », enrouler. On intercepte la lame de l'adversaire, la parade. Puis par mouvement de rouleau on projette la pointe du sabre adverse dans les jambes de l'ennemi, la riposte. C'est aussi une manœuvre de désarment.

Coup de feuille d'érable:
Ce coup de feuille d'érable consiste à faire tomber le sabre adverse et à reprendre notre position de mise en garde avec notre sabre. Tout d'abord votre adversaire était en garde, face à vous, en train de penser à vous atteindre ou à vous cingler ou bien à se défendre. Alors vous frappez fort son sabre soit selon le coup sans penser, sans aspect, soit selon l'éraflure rapide comme une étincelle, puis ne cessez de coller à son sabre la pointe du vôtre frappant vers le bas, alors le sabre de votre adversaire ne manquera pas de tomber. Si vous vous exercez bien à ce coup il vous sera facile de faire tomber le sabre adverse. Exercez-vous bien.

Musashi Miyamoto dans le Gorin no sho

Nous l'avons travaillé de 3 façons différentes, puis en reculant et en avançant. Quelques techniques à mains nues, quelques-unes au Tanto, un peu de suwari waza et voilà un stage d'une richesse incroyable. Aux dires de certains pratiquants, le niveau technique proposé par Léo était élevé.

Que dire des différents pratiquants de tous horizons venus en grand nombre essayer le Kishinkaï Aïkido, à part que leur ouverture d'esprit leur à fait honneur et a fait de ce weekend un véritable succès.

Merci à tous.

Photo de Jérôme Henriot.

Photo de Jérôme Henriot.

Voir les commentaires

Rédigé par Titema

Publié dans #Stages

Repost0

Publié le 19 Septembre 2014


L’élément le plus fondamental de l’équilibre dans un sens physique est de trouver une sorte de "trépied" pour la roche afin qu’elle se tienne debout (...) Chaque pierre est recouverte d’une variété de petites ou grandes entailles qui peuvent agir comme un trépied pour la pierre afin de se tenir debout. En accordant une attention particulière à la sensation des rochers, vous allez commencer à sentir les moindres clics des encoches des roches en contact une fois l’une sur l’autre.

Michael Grab

Un artiste doté d'une sensibilité certaine .

Un artiste doté d'une sensibilité certaine .

Michael Grab est un artiste qui réalise des sculptures d'une beauté à vous couper le souffle.

Depuis 2008, ce Canadien de 30 ans empile des cailloux disposés harmonieusement. L'on apprend aux détours de quelques recherches sur le net qu'il pratique dans une optique spirituelle et thérapeutique.

Harmonie et équilibre pour "balancing rocks":

Le caractère éphémère de son art encourage souvent à la contemplation, le non-attachement, la beauté et même la mort.

Le "land art" est une nouvelle tendance de l'art contemporain utilisant le cadre et les matériaux de la nature (eau, bois, sable, roches...).

Michael Grab exerce sa patience et sa détermination du côté du Colorado aux environs de Boulder.

 

Boulder dans le Colorado.

Boulder dans le Colorado.

Il est facile, en voyant la beauté de la nature notamment celle du Colorado, de se mettre à la place du jeune homme afin d'en comprendre les motivations. Harmonie, sensibilité, respect et amour de la nature, trouver sa place ici-bas, poussé très certainement par une irrémédiable envie ainsi que la sensation de faire partie d'un tout.

La sensibilité au sein des arts martiaux:

Etant pratiquants d'arts martiaux, nous sommes nous aussi des êtres sensibles.

Par "sensibilité" j'entends, la faculté d'une personne à ressentir des sensations physiques ou encore la capacité à être réceptif psychologiquement, moralement, esthétiquement ou physiquement.

Nous aussi sommes des artistes. Et si en tant qu'Uke ou Tori nous devons affiner toujours plus notre sensibilité, c'est bel et bien dans une volonté d'efficacité.

Sensibilité et "intelligence" de l'instant:

Ce qu'il nous faut garder à l'esprit, et qu'il est beaucoup plus "safe" de suivre de façon très précise la technique de Tori et de s'obliger a ressentir, afin de pouvoir s'en échapper ou de lui appliquer un Kaeshi waza. Suivre afin de" guetter" la faille.

Je ne vais pas trop m'étendre sur la question car la beauté de son art se suffit à elle-même. Je vous laisse apprécier le spectacle qui en dit long sur son auteur.

L'homme en harmonie avec la nature.

L'homme en harmonie avec la nature.

Passer des années à perfectionner son art: balancing rock.
Passer des années à perfectionner son art: balancing rock.
Passer des années à perfectionner son art: balancing rock.
Passer des années à perfectionner son art: balancing rock.
Passer des années à perfectionner son art: balancing rock.

Je vous invite à "liker" sa page Facebook ici et à aller visiter son site web: gravityglue.com. Si cela vous en dit ;-).

Voir les commentaires

Rédigé par Titema

Repost0

Publié le 15 Septembre 2014

Je suis allée voir "Lucy" au cinéma, le dernier film de Luc Besson et je dois dire que je l'ai trouvé vraiment très bien. Paraît-il que nous n'utilisons que 10% de notre cerveau...

Alors mythe ou réalité?
Que se passerait-il si nous utilisions nos capacités à hauteur de 100%?

Que se passerait-il si nous utilisions nos capacités à hauteur de 100%?

Selon le psychologue et philosophe William James, dans son livre parut en 1908, "The Energies of Men":

nous n'utilisons qu'une petite partie de nos potentielles ressources mentales et physiques.

"The Energies of Men" par William James

Certains y croient, d'autres non. Je préfère donner de l'intérêt à cette théorie, car elle nourrit l'idée que nous pouvons encore évoluer, nous dépasser. Je ne pense pas que certaine partie de notre cerveau ne soit utilisée, toutes les régions de ce dernier fonctionnent et il n'est pas une seule zone de celui-ci qui puisse- être endommagée sans qu'il en résulte des conséquences. Cependant je pense simplement que nous n'exploitons pas nos capacités à 100%. Dommage! Les grandes trouvailles de la science n'ont dans un 1er temps jamais été certaines, elles ont d'abord été intuitions.

 

Que sait-on à l'heure d'aujourd'hui sur notre cerveau? et partant de ce constat, que se passerait-il si nous autres "artistes martiaux" utilisions 20%, puis 50, puis 100%?

Nos sens s'en trouveraient plus accrus, et certains principes n'en seraient que plus faciles à acquérir: la lecture de l'intention, Musubi et awase ainsi que maai , et bien d'autres encore.

Bien souvent nous ne nous doutons pas ou très peu de ce que l'on dégage et de la façon dont les autres le perçoivent. Parfois notre corps bien malgré nous réagit de façon surprenante. Pour se protéger ou tout simplement en réaction à ce que notre partenaire envoie.

 

Envoyer des signaux:

Il est clair (et relativement quantifiable) que nous envoyons en permanence des signaux aux autres personnes. En fonction de notre "background", de notre état esprit du moment et de bien d'autres facteurs. L'autre quant à lui, perçoit et reçoit ces signaux en les interprétant à sa manière. Certainement en fonction de son "background", de son état d'esprit du moment et de bien d'autres facteurs.

En cours, certains partenaires peuvent vous inciter à réagir de telle ou telle manière. Et si erreur d'interprétation ou de perception il y a, vous amenant à commettre l'irréparable: pousser, tirer et malmener votre partenaire, ce n'est pas grave, du moment que l'on en prend conscience:

Comment peut-on éviter les erreurs?

Une erreur est une erreur. Les échecs sont inévitables, mais ils ne doivent pas nous empêcher d'essayer, ils ne doivent pas nous empêcher de continuer notre route.

Le chemin est long avant d'arriver à faire les choses correctement. Une chose est certaine, il ne faut pas être obnubilé par le passé. L'essentiel est la constance et le désir d'avancer. Bien entendu il faut apprendre à discerner ce qui est correct du reste, et tirer des leçons de ses erreurs. Mais cela doit être fait en gardant l'esprit positif et tourné vers l'avenir.

Les échecs n'ont donc pas d'importance?

Au contraire! Ce qu'on n'arrive pas à réaliser EST ce qui est important. C'est en prenant conscience de nos limitations actuelles que l'on peut essayer de les dépasser et progresser. Malheureusement beaucoup se complaisent dans un cadre où ils sont compétents, et cherchent à réaliser de mieux en mieux ce qu'ils savent déjà faire. Ils n'évoluent plus réellement.

Interview d'Akira Hino par Léo Tamaki

Hino sensei. Photo de Jean-Baptiste Rosello.

Hino sensei. Photo de Jean-Baptiste Rosello.

Comment demeurer hermétique à tout cela?  car nos sens nous trompent selon Descartes!

Eh bien en prenant conscience de l'impact que l'autre a sur vous, bien conscient qu'en réaction à l'image que vous avez de celui-ci, vous vous protégez. En gardant votre esprit "impénétrable", fort de ce que vous êtes et de ce que vous savez. En restant lucide car les sens et les émotions sont des freins à la compréhension, la justesse et à la vérité.

Mais une chose est sûre, nous ne savons pas tout sur l'humain et son cerveau, fabuleuses mais complexes "machines". Et peut être est-ce mieux comme ça!

 

 

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Titema

Publié dans #Réflexion

Repost0

Publié le 13 Septembre 2014

Ça y est, le "rush" de la rentrée vient de passer, et j'ai de nouveau du temps à accorder  aux nombreuses réflexions qui peuplent ma pensée. Je tiens à remercier Pierre Fissier, allias Aïki-kohaï pour son interêt envers l'aikido féminin, s'il en est un. Je ne connais pour ainsi dire pas ou peu Pierre mais ce fut un honneur de répondre à ses questions qui témoignent d'une ouverture d'esprit flagrante. Pierre, je te souhaite bon vent et une bonne route.

1-Comme tu le dis si bien sur ton blog (Ki quest) "Le temps passe vite et il ne faut surtout pas le perdre". C'est LA question de base mais comment as tu découvert l'Aïkido ? Et surtout quel est ton parcours depuis ton arrivée à Paris ?

C'est tout à fait par hasard que j'ai découvert l'aïkido. Dans une période de vie où l'envie de pratiquer un art martial se faisait sentir, j'ai d'abord émis le souhait d'en pratiquer un beaucoup plus percutant: le sanda.

Je me suis donc renseignée, et c'est pour de mauvaises raisons que j'ai décidé de ne pas m'y inscrire. Le lieu de pratique étant trop éloigné de mon lieu de résidence, allié à cela une bonne envie de donner des coups mais pas forcément d'en recevoir. Ces facteurs m'ont fait réfléchir et m'ont obligée à faire un choix. J'ai continué les recherches et suis tombée sur l'aïkido.

Je me souviens des premières vidéos visionnées sur le net qui m'ont certainement donné l'envie de pratiquer cette discipline. Celles de O'sensei, Tamura sensei, Christian Tissier et même Kuroda sensei.

Le choix étant fait, je me suis donc présentée à mon tout premier cours d'aikido. Un cours d'armes. Ça m'a tellement plu que la semaine suivante je participais à mon premier stage. Un stage de 300 personnes à Bordeaux donné par le très impressionnant Tamura sensei.

Mon parcours est donc assez simple, un premier sensei à Limoges, puis un deuxième  pour lequel j'ai beaucoup de respect, Eric Bricout, un très grand merci à toi ;-).

Après deux ans d'arrêt, je reprends et me présente au stage de Léo Tamaki dont on commencait à parler: je voulais voir ce que cela donnait. BINGO! Depuis je suis l'une de ses élèves et cela fait trois ans que ça dure.

2-Lorsque tu étais Kohaï, qu'est ce que tu trouvais le plus difficile dans la pratique de l'Aïki ? Et aujourd'hui ?

Tout d'abord je tiens à dire que je suis toujours Kohaï. Tantôt sempaï tantôt kohaï, on a tous des élèves au dessus et en dessous de nous. De plus je suis entourée de personnes pratiquant depuis près de 30 ans pour certains. C'est tout dire...

L'une des choses les plus compliquées à mes yeux dans mes débuts, a été le fait d’exécuter une technique en gardant constamment la même vitesse. Sans saccader, sans accélérer, sans heurts, avec un certain tempo a garder. Je n'ai eu conscience de ces principes qu'en arrivant à Paris et donc chez Léo Tamaki.

Je pense avoir progressé là-dessus tout en y restant toujours extrêmement vigilante aujourd'hui.

Lors d'un stage à Herblay donné par Issei Tamaki et Tanguy Levourch.

Lors d'un stage à Herblay donné par Issei Tamaki et Tanguy Levourch.

Actuellement la liste des choses difficiles s'allonge. Je pense d'ailleurs que cela est normal. Plus tu rentres dans la sophistication, plus tu deviens technique, plus les heures d'entrainement s'accumulent, bref plus tu avances, plus les choses travaillées deviennent compliquées et nombreuses. L'une des choses les plus difficiles, est de faire de mon gabarit, une force. Au Kishinkaï nous travaillons beaucoup sur la modification de l'utilisation du corps, la lecture de l'intention, la distance, le "tempo", la "non-poussée", la vitesse constante et bien d'autres principes difficiles mais passionnants.

Étant une femme de petite taille, je ne peux faire l'impasse sur aucuns de ces principes et les travaille avec tout mon sérieux, mes doutes, mes qualités et mes défauts. J'y mets tout ce que je suis.

3-As tu été sensibilisée à l'Aïkido féminin par tes professeurs ? Que penses tu de l'évolution actuelle de cet aspect de notre art martial qu'on constate souvent majoritairement masculin ?

Je trouve que dans notre disciple qui prône l'harmonie règne une certaine hypocrisie.

Je m'explique, nous pratiquons un art dit du "faible" ou comment le vieillard, l'enfant ou la femme peut arriver à maitriser une personne plus forte, plus grande, plus jeune, plus... Nous ne pouvons et nous ne devons donc pas nous appuyer sur des capacités physiques destinées à disparaitre avec le temps et encore, quand elles sont là. Çà c'est en théorie.

En pratique, je trouve que beaucoup utilisent la force brute et s'éloignent ainsi de cette idée. Beaucoup s'enorgueillissent de "rentrer" telle ou telle technique en s'appuyant sur la force ou t'empêchent de passer la tienne en bloquant. Je constate également que bien des senseis se montrent "frileux" quant au choix de uke femmes lors de stages.

Très peu de médiatisation pour ces dames, peu de mise en avant. Mais où sont donc les senseis femmes? Comment peut on avoir autant de licenciées et aussi peu de haut-gradées? C'est juste un écart entre le discours et les actes. Et je pense que ce qui se passe en aïkido est le simple reflet de ce qui se passe dans notre société. L'égalité n'existe pas. L'avantage est que tout reste à faire pour l'aïkido féminin et je songe de plus en plus à m'investir dans cette direction. Peut être dans quelques années.

Je ne peux donc pas dire que j'ai été sensibilisée à la "cause féminine" par mes professeurs cela tient plus d'une quête personnelle. C'est quelque chose que j'ai toujours eu en moi. Aujourd'hui encore je mets un point d'honneur pendant les cours à aider mes kohaïs féminins.

4-Question très classique mais...pourquoi si peu de femmes dans les directions techniques fédérales ? Et pourquoi si peu de femmes au delà du 5ième dan ?

Ah mais c'est une très bonne question! Il faudrait l'a poser aux concernés, les décideurs. (sourires inside)

En compagnie de Bertrand Larrieu à la NAMT 2012.

En compagnie de Bertrand Larrieu à la NAMT 2012.

5-On dit (légende urbaine de machoman) que les femmes sont attirées par le coté esthétique de l'Aïkido ? Connerie, intox, demi-vérité ?

Oooh (rires), chacun vient au dojo pour ses propres raisons, et si certaines viennent pour l'esthétique, ou telle ou telle idée, je n'y vois rien à redire. Leurs raisons peuvent être différentes de celles pour lesquelles elles décident de rester ou de partir. Les raisons et les motivations évoluent sans cesse. Beaucoup de gens viennent à notre discipline parce qu’ils trouvent ça beau: " on dirait une danse", ou bien parce que la pratique fait du bien à l'esprit ainsi qu'au corps.

Soit, à chacun ses raisons, et je pense quelles sont toutes valables.

6-Est ce plus "dur" (seconde légende urbaine) d'être une pratiquante qu'un pratiquant (je pense notamment aux partenaires virils qui jouent des muscles pour impressionner ces dames et aux propos qu'on entend et qu'on lit partout) ? As tu une expérience désagréable à me raconter là dessus (ou agréable au contraire) ?

Je ne pense pas que ce soit plus dur pour une femme en tout cas en ce qui concerne la pratique. Certaines femmes ont même plus de facilité que certains hommes, à pratiquer l'aïkido souple que nous travaillons au Kishinkaï.

Le gabarit rentre certainement en compte mais pas le genre. Tous mes amis pratiquants y compris masculins, rencontrent les mêmes difficultés que les miennes lorsque nous tombons sur plus "dur" ou moins sensible que nous. La véritable difficulté réside dans le fait de "dompter ses propres démons". Hommes et femmes sont à ce sujet à égalité. C'est la crédibilité qui n'est pas la même. Une femme devra "cravacher" deux fois plus pour se faire une place voilà tout.

Étant une petite femme, j'ai tout de suite compris que l'exactitude technique devrait être mon cheval de bataille. Dans sa dernière interview Hino sensei nous fait part de son expérience à ce sujet:

Comment les petits gabarits peuvent ils faire fonctionner les techniques?

Pour les petits comme moi ou les femmes, il est indispensable que chaque chose soit exécutée avec la plus grande précision. Il leur est impossible d'utiliser les raccourcis de la force.

Lorsque deux personnes cherchent à réaliser le même mouvement, celle qui a l'avantage physique ne peut être défaite que par une technique plus précise.

Interview d'Hino sensei par Léo Tamaki

Concernant les anecdotes, je pense souvent à ce que m'avait dit Ellis Amdur. L'une de ses profs (et oui, une femme ;-)) faisait la même taille que moi. Il disait d'elle qu'elle dégageait beaucoup de choses. Une petite femme qui prenait beaucoup de place...

Et il est vrai que je pose régulièrement la question aux différents senseis que je croise.

7-A moins que le coca n'ait obscurcit mon jugement de Kohaï, j'ai pu aussi t'observer à la NAMT 2014 ? Comment as tu abordé cet événement ? Et sinon, c'est comment d'avoir pour uke Leo Tamaki lors d'une démonstration :-) ?

Tout d'abord merci d'être venu nous voir et j'espère que cela t'a plu! ;-)

La NAMT (ndlr: la nuits des arts martiaux traditionnels) représente quelque chose d'important à mes yeux car c'est un excellent moyen de montrer ce qu'est notre aïkido.C'est toujours une source de stress dont on se souvient longtemps. J'ai encore en mémoire celle de 2012 où mon cœur a bien failli sortir de ma cage thoracique (rires). Forte de cette expérience j'ai su beaucoup mieux gérer le stress cette année.

Je m'étais également fixé beaucoup d'objectifs pour la démo dont certains n'ont pas été atteints, ce qui m'a valu de sortir de scène en serrant les dents. Mais j'y ai pris énormément de plaisir et je suis fière de l'avoir fait! Les démos sont aussi un bon moyen de vivre ses challenges personnels. Et une progression en résulte.

S'il est vrai que j'ai l'habitude de travailler en cours avec Léo, il est assez déroutant de lui appliquer des techniques lors d'une démo. Il est présent, compact et a un corps capable d'absorber chacune de vos attaques. Il n'a pas fait de cadeaux malgré un niveau bien supérieur au nôtre. Et c'est je pense parce qu'il nous fait confiance, c'est très appréciable.

La difficulté majeure a été de tout donner pour réussir les deux objectifs que je m'étais fixés: la démo et le grade passé la veille! Objectifs très différents. Il a fallu rester concentré du premier au dernier jour de stage et ce pendant une semaine, aller au boulot, décrocher son Dan et ne rien lâcher pour effectuer dès le lendemain la démo. Ça a été la semaine la plus intense de toute l'année et je suis fière de l'avoir gérée. J'ai beaucoup dormi la semaine d'après :-D.

8-Mais d'ailleurs puisqu'on en parle, comment as tu rencontré Léo Tamaki ? Qu'est ce qu'il apporte à ta pratique quotidienne ?

Je l'ai rencontré en stage à Saint Yrieix, non loin de Limoges, après deux ans d'arrêt. Ça m'a plu et quelques mois après je descendais dans le célèbre dojo de maitre Tamura à Bras au Shumeikan. Michael Martin et Léo y donnaient un stage pendant une semaine. C'est là que j'ai fait la connaissance de" la fine équipe" et que je rencontrais ceux qui allaient devenir plus tard des amis.

Léo apporte beaucoup à ses élèves, au delà de l'aspect technique, il représente un exemple. Jamais à l'arrêt, toujours en mouvement, il va constamment de l'avant et nous pousse à en faire autant. Je dirais que c'est l'homme aux 1000 projets, et le plus fou dans tout ça c'est qu'il les réalise presque tous. Il est une grande source de motivation, il est un guide pour nous tous. Il apporte à chacun ce dont il a besoin en fonction de ce qui lui manque. L'humilité pour certains, le fait de trouver sa juste place pour d'autres, la confiance en soi et le fait de toujours remercier...

9-D'autres maîtres guident ils tes pas de pratiquantes ?

Bien sûr, Kuroda sensei, Hino sensei, Kono sensei, Allen Pittman, Ellis Amdur, et bien sûr Gozo Shioda. Chacun à sa manière guide ma pratique. Il y a aussi Tanguy Levourch, Julien Coup et Issei Tamaki que je suis régulièrement sans oublier Brahim Si Guesmi.

10-Quel est ton avis sur le Buki-waza ? Indispensable ? Accessoire ?

Le travail des armes n'est ni indispensable à mes yeux, ni accessoire. Chacun est libre de les travailler en fonction de l'importance qu'il leur donne.

Personnellement, je considère que ce sont les deux facettes d'une même pièce. Il ne faut pas penser que travailler à main nues et aux armes soient deux approches de travail différentes, sinon comment travailler de façon cohérente? Comment lier les deux?

Travail avec la Yari.

Travail avec la Yari.

Je me souviens qu'à mes débuts, la question se posait déjà. J'ai toujours été étonnée par cette question que je juge stérile. J'ai fait dix ans d'équitation avant de pratiquer l'Aïkido, doit-on faire l'impasse sur le dressage pour sauter des obstacles? Doit-on faire l'impasse sur une partie de la discipline alors que c'est cela même qui la rend si riche? Je trouve cela un brin absurde.

Et le travail à genoux dans tout ça? Pourquoi continue-ton de travailler à genoux alors- même que cette configuration n'existe plus. Surtout chez nous, occidentaux! Eh bien parce que si nous arrêtons les armes et le travail à genoux, nous perdrons je pense, l'une des richesse de notre discipline. Il ne restera plus alors, que le travail à mains nues!

De plus le travail aux armes apporte une tension plus élevée que celle à mains nues, une autre distance, une autre forme de concentration, ce qui enrichit toujours plus notre pratique.

11-On a l'impression (à lire les articles de Léo notamment) que tu es également un bourreau de travail (et même une jambe dans le plâtre ne t'arrête pas :-)), est ce vrai ? Est ce qu'il t'arrive de dormir un peu (mais pas en suwari waza) ?

(Rires) Bien sûr qu'il m'arrive de dormir, j'ai juste beaucoup d'énergie voilà tout. Oui j'ai eu une jambe dans le plâtre et cela n'a pas cassé mon envie, mais j'ai traversé des moments très compliqués.

Je mets juste mon énergie au service de ce que j'aime faire, l'inverse serait du gâchis. Quand j'aime je ne compte pas!

12-Ton blog Ki quest est aussi très sympa. Qu'est ce qui t'a poussé à écrire sur l'Aïkido et les arts martiaux en général ?

Pas ma nature profonde, ça c'est sûr. ;-)

Je parle volontiers de beaucoup de choses mais garde pour moi les thèmes profonds à mes yeux. Il y a beaucoup de choses que je garde sous silence, c'est comme ça. J'ai tendance à penser que nous sommes seuls. Du coup, dire ce que j'ai à dire devant des lecteurs et une véritable prise de risque.

C'était inconfortable au début et petit à petit, j’apprends, cela devient un peu plus facile.

En fait c'est grâce à Léo que je décidais d'ouvrir un blog. Dans le but d'enrichir la réflexion. Car si beaucoup de gens s'expriment et parlent de leurs ressentis, cela peut être bénéfique pour l'ensemble.

13-Penses tu qu'un événement dans le genre d'une NAMT et présentant uniquement des expertes serait envisageable aujourd'hui ? Et dans l'avenir ?

Je ne pense pas que ce soit une bonne chose, le simple fait de se poser la question prouve qu'il y a un problème. On vit dans une société qui différencie les gens au lieu de mettre en avant leur points communs. Ainsi on nous met dans des petites boites regroupant les personnes qui pensent d'une manière similaire à la nôtre. La différence n'est plus ressentie comme une richesse mais comme quelque chose dont il faut se méfier.

A mon sens les expertes devraient faire partie des mêmes évènements que les hommes, et ce, le plus naturellement possible. J'avoue que l'une de mes ambitions secrètes est de gommer ce décalage. Je travaille aujourd'hui pour que demain, Hommes et Femmes soient perçus de la même manière et que plus aucune femme ne soit mise sur le banc de touche parce que le public attend par exemple...de la testostérone.

14-D'autres idées et initiatives nouvelles sont elles à réfléchir pour amener les femmes à l'Aïkido ? Es tu prête à t'impliquer pour cela ?

Plus de femmes sur le devant de la scène, plus de Uke féminin, plus de haut-gradées...Mais comment faire évoluer les mentalités? Sans doute cela passera t-il par l'évolution plus que par la révolution.

Marie Apostoloff.

Interview d'un Kohaï curieux et facétieux. - La différence comme richesse -

Voir les commentaires

Rédigé par Titema

Publié dans #Interview, #Leo Tamaki

Repost0